Communiqué CGT
Nous avons échangé, le 4 avril dernier, par visioconférence, avec des représentants
de la Commission européenne en charge du dossier Bolloré - Editis. Assistait à
l'entretien un représentant du cabinet Syndex, qui a présenté les questions principales
posées par l'ensemble de l'opération (vente d'Editis – acquisition de Hachette).
Le processus de vente d'Editis est critiquable par de nombreux aspects :
- Le mode de de sélection par Vivendi des candidats à la reprise d'Editis. Vivendi
a tout fait pour que le repreneur ne soit pas un professionnel de l’édition. Une façon
de s'assurer qu'un nouvel Editis, mal piloté et géré par des non-connaisseurs du livre,
soit moins dangereux pour Bolloré, nouveau propriétaire de Hachette.
- La prise de contrôle d'Editis. Ce serait finalement une acquisition à 100% par M.
Kretinsky, et non avec environ 30% des parts comme il était envisagé au départ. Ce
schéma prévu initialement par Vivendi a été refusé par la Commission européenne.
- Le premier actionnaire de la FNAC. M. Kretinsky, possible acquéreur d'Editis est
devenu premier actionnaire de la FNAC avec 25 %. L’annonce quasi simultanée de
négociations exclusives en vue du rachat d’Editis et la montée au capital de la FNAC
est troublante. Si le rachat d’Editis se faisait, le groupe de M. Kretinsky contrôlerait de
surcroît un canal de vente commun à toute l'édition. Cette situation de concentration
verticale comporte un risque de distorsion de concurrence. En effet, l’expérience
montre qu’il est possible de contrôler un groupe avec moins de 30% du capital.
S'y ajoute le danger d'une concentration encore renforcée. M. Kretinsky, disposerait
ainsi de journaux, de magazines, du n°2 de l'édition-diffusion-distribution ainsi que de
la principale enseigne de ventes de biens culturels. Sans compter que M. Kretinsky ne
cache pas son envie d’investir dans l’audiovisuel.
- À la suite des questions que nous avons soulevées, nous n'avons obtenu, de la part
de la Commission, que des réponses partielles ou évasives. Quant au problème
soulevé par la FNAC, la Commission n'a pas encore commencé à examiner le
dossier...
- Pour la CGT, la concentration constitue l'une des explications du mode de
recrutement des candidats à l'achat d'Editis. Plus un groupe est gros et cher, moins
les éditeurs sont capables de l'acquérir. D'où la nécessité d'aller chercher des
industriels ou des fonds d’investissement. Ceci renforce notre conviction qu'il faut lutter
contre la concentration dans l'édition, si l'on veut éviter que des manageurs non issus
de l'économie du livre opèrent une gestion à côté de la plaque, et mettent le groupe
en danger. Au contraire, nous avons besoin de professionnels, avec une vision et un
engagement sur le long terme. Sans exigence trop forte de rentabilité. Il convient de
le rappeler, le livre n’est pas une marchandise !
- Pour nous, les incidences de l'éventuelle détention commune d'Editis et de la FNAC
par M. Kretinsky doivent être éclairées au plus vite. Les salarié(e)s d'Editis ont le droit
de connaître tous les détails de ce dossier, après des mois sans aucune
communication sur le sort de leur entreprise.
- Pour nous enfin, il est capital d'obtenir des acquéreurs potentiels qu'ils dévoilent leur
stratégie et leur vision à moyen terme, avant de prendre les rênes d'Editis. Nous
n'accepterons pas de mettre en balance ou en péril des emplois, des carrières, à cause
du soi-disant secret des affaires !
Le 7 avril 2023, à Montreuil
Contact presse :
Didier Glachant
Coordinateur Syndical CGT Editis
Membre de la FILPAC-CGT
Membre de l'UFICT-Livre et Communication
Courriel : didierglachantcgt@yahoo.com
Portable: 0619285287